Vocabulaire du christianisme

Publié le par thierry aprile

Pour mieux comprendre la question de la christianisation du monde gallo-romain, il semble utile de se familiariser au préalable avec le vocabulaire de la religion. On a choisi de reproduire ici le début d'un ouvrage consacré à l'histoire religieuse du moyen-âge.

 

On pourra y lire une définition opératoire de la religion qui est d'abord et avant tout un ensemble de réponses aux questions que les hommes se posent et donc

  • un ensemble de croyances réunies dans un ensemble de livres sacrés, et progressivement définies, (2,3,4,5)
  • un culte précis : des rites, des cérémonies (10,11,12)
  • des règles de comportement, notamment en matière d'alimentation et de sexualité
  • un organisation hiérarchisée et centralisée des clercs et des fidèles (1,6,7,8,9,13)

 

On prendra garde au fait que cette définition est largement une lecture rétrospective de ce que pouvait être le christianisme des premiers temps, fait d'adptations incessantes.


LE VOCABULAIRE DU CHRISTIANISME
A leur propos nous n'avons pas toujours donné de précision chronologique, car il s'agit d'un vocabulaire courant, utilisé dès le Moyen Age mais encore en usage aujourd'hui.

Source : Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, paris A.Colin, coll U, 2e éd, 1968.

1. L'Eglise
Les chrétiens (christianus de Christus: le Christ) sont les fidèles du Christ (du grec Christos, l'Oint du Seigneur). Leur communauté s'appelle l'Eglise (ecclesia : l'assemblée). Longtemps ecclesia désigna la communauté groupée autour de son chef l'évêque. On parlait encore, au VIIIe siècle, des Eglises du Christ. Plus tardivement, l'Eglise au singulier tendit à désigner l'ensemble des chrétiens. Mais l'on dit encore en parlant d'une communauté locale, rassemblée autour de son pasteur (l'évêque est très souvent comparé à un berger et les fidèles à un troupeau), l'Eglise de Reims, d'Amiens ou de Marseille. Des séparations étant intervenues entre chrétiens que l'on appelle schismes (du grec schisma : séparation), l'on distingue entre l'Eglise catholique romaine, qui désigne les évêques, le clergé et les fidèles en communion avec l'évêque de Rome et les Eglises orthodoxes, dépendant, à partir du Ve siècle, de l'évêque de Constantinople et devenues progressivement autonomes (l'on dit autocéphales, du grec au/è kepha/è : [étant) elle-même tête) depuis 1453. Au Moyen Age, on parlait volontiers d'Eglise latine par opposition à l'Eglise grecque ou byzantine à cause de la différence de culture. Au XVIe siècle apparurent les Eglises de la Réforme. Réforme n'est pas un terme nouveau inventé par les protestants, c'est un mot clé de la catholicité médiévale qui fut marquée par de nombreuses réformes : réforme carolingienne, réforme grégorienne, grandes réformes monastiques de Cluny ou de Cîteaux.
Ainsi saint Grégoire VII (1073-1085) lutta-t-il contre la simonie, trafic des choses saintes, du nom de Simon le Magicien qui aurait tenté d'acheter à saint Pierre le don de faire des miracles, et le nicolaisme ou concubinage des clercs majeurs, du nom du diacre Nicolas qui aurait pris position contre le célibat des prêtres; on dit aussi clérogamie (du grec k/eros : clerc; gamos : mariage) : mariage des clercs.

2. Les Ecritures
Le catholicisme a développé sa doctrine à partir des Saintes Ecritures. La Bible (du grec biblia, pl. de biblion : livre, Les Livres Saints) comprend d'abord les livres de l'Ancien Testament (tes/amen/um : témoignage), antérieurs à la venue du Christ, hérités du judaïsme, tradition orale mise par écrit entre le Xe et le Ie siècle avt JC :

  • Ces cinq premiers livres constituaient un ensemble que les juifs appellent la Loi, la Tora et que les exégètes chrétiens appellent Pentateuque (du grec Pentateuchos [biblios] de penta: cinq, teuchos : instrument), le livre en cinq volumes.
  • la Genèse (du grec genesis: la création), l'Exode (du grec exodos: la sortie [des Hébreux d'Egypte]), le Lévitique (tire son nom de la tribu de Lévi, code rituel), Les Nombres (il traite du recensement du peuple juif, d'où son nom), Le Deutéronome (du grec Deuteronomion, litt. « seconde loi »). (création du Monde par Dieu, vie des Hébreux jusqu'à leur arrivée en Egypte, sortie d'Egypte, prescription de la religion juive, vie au désert et installation en terre promise)
  • Ensuite viennent une série de livres historiques : Josué, Les Juges, Ruth, Samuel, Les Rois, Les Chroniques, Esdras, Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Les Macchabées. (formation et histoire des royaumes d'Israel (David, Salomon), prise de Jerusalem et captivité à Babylone, retour en Palestine et reconstruction du Temple, révolte des Maccahabées)
  • Ensuite se placent les livres sapientiaux (sapientia : la sagesse) : Job, Les Psaumes, Les Proverbes, L'Ecclésiaste, Le Cantique des Cantiques, Le Livre de la Sagesse, L'Ecclésiastique (contes, proverbes, chants et louanges adressés à Dieu)
  • enfin les livres prophétiques: Isaïe, Jérémie, Les Lamentations, Baruch, Ezéchiel, Daniel, Osée et les douze autres prophètes. (l'enseignement des prophètes, lamentation sur la ruine de Jerusalem)

Pour les Chrétiens, l'ensemble de ces livres constituent l'ancien testament, qui relate l'alliance (= testament) entre Dieu et le peuple juif

  • Le Nouveau Testament, qui relate l'alliance entre Dieu et tous les hommes, est un ensemble rédigé entre 50 et 100 après JC, comprend :
  • les 4 Evangiles (du grec Euangelion : la bonne nouvelle). Quatre évangélistes ont rédigé chacun leur témoignage sur la vie et la prédication du Christ : Mathieu, Marc, Luc, Jean.
  • le récit de l'activité des apôtres après la mort du Maitre : Les Actes des apôtres (aposlolus, du grec apostolos : envoyé),
  • les lettres des apôtres, ou Epîtres (epistolae : lettres) notamment celles de l'apôtre Paul, les plus nombreuses, aux chrétiens de Rome, de Corinthe, de Galatie, d'Ephèse, de Philippes, de Colosses, de Thessalonique, à Timothée, à Tite, à Philémon et aux Hébreux. 
  • un texte prophétique, L'Apocalypse (du grec apocalupsis : la révélation), rédigé par Jean l'Evangéliste (annonce du retour du Christ et du Jugement dernier).


Ces textes, en latin, dans la traduction de saint Jérôme appelée Vulgate (405 ap JC), (Vulgata : version connue, ordinaire), nourrirent la foi et la piété médiévales. La récitation des Psaumes, le Psautier, alimenta la vie spirituelle des moines. Les grands écrivains ecclésiastiques de l'Antiquité et du haut Moyen Age que l'on appelle les Pères de l'Eglise (l'adjectif dérivé patristique désigne leurs travaux et le substantif la patristique, la science de leurs oeuvres) commentèrent l'Ecriture et l'expliquèrent grammaticalement ou allégoriquement. L'on appelle à l'époque moderne exégèse (du grec exègèsis : explication) ce travail d'élaboration sur l'Ecriture Sainte et exégète celui qui s'y livre. Mais la Bible fut aussi une source d'inspiration pour les artistes, les sculpteurs et les peintres. Certains livres comme Le livre des Rois ou Le Cantique des Cantiques se prêtaient mieux à l'illustration ; ils ont été transcrits dans d'innombrables manuscrits médiévaux. La sculpture des tympans romans ou gothiques se déchiffre avec l'Evangile de saint Mathieu, ou quelquefois d'après des apocryphes (du grec apocruphos : caché) c'est-à-dire des récits évangéliques, oeuvres souvent très anciennes de pieux faussaires et qui circulaient au Moyen Age, à côté des livres canoniques (du grec kanôn : loi, norme) c'est-à-dire admis par l'Eglise. Tantôt l'influence de l'Ancien Testament l'emporta comme aux temps carolingiens, où l'on peut parler d'une civilisation à caractère vétéro-testamentaire, tantôt le courant néo-testamentaire fut prédominant comme dans la prédication de saint François.

3. Les dogmes
Le contenu de la foi catholique est défini dans le Credo (du latin credo: je crois) ou symbole (du grec sumbolon : le signe) de Nicée (325) et dans la formule plus développée de Constantinople (381). Elle implique la croyance en Dieu unique, en trois personnes distinctes, la Trinité divine, égales en dignité et identiques en substance ; le Père créateur, le Fils appelé le Verbe (verbum traduit du grec logos, c'est-à-dire la parole de Dieu), l'Esprit Saint appelé aussi le Paraclet (du grec Paracletos : défenseur). L'intervention du péché dans la création par la faute du premier couple (ces scènes de la Genèse sont reproduites à l'infini par l'iconographie médiévale : l'éve du Portail d'Autun; Adam et Éve sur les pieds-droits de la chapelle Brancachi dans l'église deI Carmine à Florence, par Masaccio, etc.) suscite le rachat de l'humanité, la Rédemption (redimere : racheter) par l'Incarnation (caro, carnis : chair) du Verbe qui prend la nature humaine en devenant fils de Marie, restée vierge.
La vie terrestre de Jésus-Christ, sa mort sur la Croix et ses conséquences libératrices fournissent les thèmes presque exclusifs de l'art médiéval sous toutes ses formes. Le Christ mort ressuscite trois jours après. Cette victoire sur la mort fonde la foi des chrétiens et sa commémoration constitue leur plus grande fête : Pâques (pascha : le passage, en souvenir de la fête juive marquant la fuite des Hébreux d'Egypte). Le Christ ressuscité apparut aux premiers de ses fidèles, les douze apôtres et ses autres disciples (discipuli : élèves). Il leur donna mission de prêcher l'Evangile, il s'éleva ensuite aux cieux, Ascension (ascendere : monter) et envoya à ses disciples rassemblés pour les aider dans leur prédication l'Esprit-Saint le jour de la Pentecôte (du grec penièconia : cinquante [jours après Pâques]). Il avait annoncé à ses fidèles que l'esprit de Dieu les guiderait jusqu'à la fin des temps et que ce jour-là il reviendrait juger les vivants et les morts. Jésus laissait une loi d'amour contenue dans les deux commandements essentiels : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras parfaitement. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il avait développé son enseignement sur l'amour des autres, la pauvreté et l'humilité dans son sermon sur la montagne, passage que l'on désigne sous le nom de béatitudes (beatitudo : bonheur), car chaque assertion commence par « Bienheureux .... » On appelle dogmes (du grec dogma : décision, décret) l'ensemble des croyances précises et obligatoires auxquelles le chrétien doit adhérer.

4. Le salut
Le christianisme est une religion de salut. L'Eglise enseigne que l'homme a une âme (anima: souffle vital) immortelle, distincte du corps périssable, qu'il doit sauver. Les élus (electi : choisis) jouissent, après la mort et le jugement personnel qui la suit, de la vision de Dieu durant une éternité bienheureuse, c'est le Paradis, le Ciel. Les damnés (damnati : condamnés), les réprouvés sont privés éternellement de cette contemplation de Dieu, la vision béatifique, et souffrent de cette privation, c'est l'enfer (inferi : les lieux inférieurs, les enfers de la mythologie païenne). Le Moyen Age a imaginé de façon très réaliste ces deux états en les localisant au ciel et sous la terre et en prêtant aux damnés des supplices corporels, notamment le feu que Dante évoque longuement dans son oeuvre et dont la représentation a inspiré d'innombrables compositions plastiques. Des êtres célestes, les anges (angelus, du grec angelos : messager), créés par Dieu avant les hommes, peuplent le Ciel avec les élus et assurent entre ce monde et l'autre des communications permanentes. A leur tête est placé l'archange Michel (de l'hébreu Mîkâêl : qui est semblable à Dieu), chef des milices célestes. Des anges révoltés ont été chassés du paradis par le créateur et peuplent l'enfer, ce sont les démons (du grec daimones) dont le chef Lucifer (de lux, lucis, la lumière et de ferre : porter, celui qui porte la lumière) est appelé le Diable (diabolus) ou le Malin (malignus : méchant) qui au Moyen Age intervient constamment dans les croyances et la vie quotidienne des chrétiens. Ceux qui, sans être élus dès leur mort, ne méritent pas l'enfer, sont soumis à un délai probatoire où ils sont privés de la vision divine, le purgatoire (purgare : purifier), dont les contours conceptuels ont achevé de prendre corps au Moyen Age. Les âmes des enfants morts sans baptême survivent dans un lieu marginal, les limbes (limbus : bord). Le péché (peccatum : faute morale) engendre la mort éternelle ; la grâce sauve. La grâce est un don gratuit de Dieu que l'homme ne mérite en aucun cas à cause de sa nature viciée par le péché originel d'Adam et d'Éve et sa tendance au mal, la concupiscence (concupiscentia : envie, désir). Mais l'enseignement traditionnel de l'Eglise fait une part dans l'oeuvre de salut à la liberté de l'homme et à ses bonnes actions, les oeuvres. Le point d'équilibre dans le salut entre la grâce de Dieu et la liberté de l'homme marque le catholicisme orthodoxe. L'accent mis exclusivement sur la liberté caractérise l'hérésie pélagienne, le pélagianisme (de Pélage, moine celte du début du ve siècle). Le salut par la seule grâce, sans intervention des oeuvres, a été défendu par les réformés, Luther et Calvin, et repris par les jansénistes au cours du XVIIe siècle. L'économie de la grâce, qui met en communication les élus et les âmes des justes vivants par l'intermédiaire de Jésus constitue la communion des saints, cette société spirituelle étant le corps mystique dont le Christ est la tête et les chrétiens les membres. L'enseignement traditionnel professe que les mérites acquis par une âme peuvent être imputés à d'autres, notamment aux défunts, c'est la croyance en la réversibilité des mérites. Elle est à l'origine des prières pour les morts et des indulgences, pratique par laquelle un chrétien peut par ses mérites, ses prières, ses offrandes, obtenir une réduction du temps de purgatoire pour lui ou pour un défunt. Au Moyen Age, le problème central pour chaque homme est de faire son salut ; l'Eglise l'y aide, mais aussi la société civile dont l'intégration et la cohésion sont assurées par le christianisme.

5. Conciles et hérésies
Très tôt, l'Eglise connut dans son sein les déviations doctrinales, ou hérésies (du grec hairesis : préférence, opinion particulière). Les hérésies portèrent parfois sur la morale, tels certains mouvements rigoristes, comme le montanisme (du prêtre phrygien Montan), qui condamnait le mariage et l'alimentation carnée, ou le donatisme (de l'évêque africain Donat), qui refusait l'indulgence aux clercs qui avaient apostasié, les lapsi (littéralement : « ceux qui étaient tombés & du verbe labor, lapsus sum, lors des persécutions des III" et IV" siècles). Le manichéisme, du nom de son fondateur Mani, enseignait aux III" et IV" siècles que le monde est régi par deux principes qui se combattent, le Bien et le Mal.
Les grandes hérésies du IVe au VIle siècle doivent être divisées en deux groupes : les hérésies trinitaires et les hérésies christologiques, sur la nature du Christ. Parmi les premières, la plus célèbre est l'arianisme, prêché par Arius vers 320 ; elle affirme que dans la Trinité, le Père seul est vraiment Dieu, les autres personnes étant des créatures. Deux hérésies contradictoires déchirèrent les siècles suivants, le nestorianisme et le monophysisme (du grec monè: seule et phusis: nature) formules extrêmes et durcies de l'enseignement antagoniste des écoles de théologie d'Antioche et d'Alexandrie. Nestorius, patriarche de Constantinople, enseigna qu'il y avait dans le Christ deux personnes : l'homme et Dieu, Marie étant seulement mère du Christ-homme, Christotokos (du grec lokeus : celle qui enfante). Le Concile d'Ephèse (431) affirme qu'il n'y avait qu'une personne en Jésus et que Marie était mère de Dieu, Théotokos. Au contraire, Eutychès, supérieur d'un couvent de Constantinople, affirma que dans le Christ il n'y avait qu'une nature, la nature divine tellement supérieure à la nature humaine qu'elle l'avait absorbée. Le concile de Chalcédoine, en 451, condamna le monophysisme, la doctrine de la nature unique, en précisant que dans l'unique personne du Christ subsistaient deux natures distinctes. Le monophysisme résista en prenant des formes de plus en plus nuancées comme le monoergisme (du grec ergon : une seule action) ou le monothélisme (du grec ethelô : je veux et le préfixe mono : une seule volonté). La querelle des images au VIIIe siècle en Orient, l'hérésie iconoclaste (du grec eicôn : l'image et clân : briser, briser les images), suscita de très violents remous et des persécutions sanglantes contre ceux qui vénéraient les images. En Occident au XIIIe siècle, l'hérésie cathare (du grec catharos, pur de toute souillure, de tout mélange) résurgence du manichéisme avec des aspects rigoristes, provoqua une sévère répression. En pratique, chaque hérésie suscita une mise au point doctrinale. Peu à peu, sous la pression des hérésies (oportet haereses esse : il est nécessaire qu'il y ait des hérésies, sous-entendu pour préciser la doctrine), la théologie du catholicisme acheva de prendre forme.
La théologie (du grec theologia) est la science de Dieu, fondée à la lumière de l'Ecriture et de la Tradition. Dans l'Eglise catholique, à la différence des Eglises de la Réforme, qui en rejettent la valeur normative, "la Tradition est en quelque façon la manière dont le texte même ou le message de l'Ecriture a été compris dans l'Eglise, puis mis en application vivante. C'est de cette interprétation, soit formelle, soit implicite, que veut profiter le lecteur catholique. Il ne va pas seul à l'Ecriture, mais avec tous ses frères dans la Foi"(A.M, DUBARLE, Introduction à l'Ecriture Sainte dans Initiation Théologique, t.I, p. 84).

6. La hiérarchie
La diffusion du christianisme gagna les juiveries urbaines de la Diaspora (du grec diaspora, c'est-à-dire dispersion des juifs à travers le bassin méditerranéen), puis les milieux païens (pagan us, paysan, car le christianisme semble avoir été d'abord urbain). Les communautés chrétiennes se constituèrent autour de leur chef, l'évêque (du grec episcopos : surveillant), aidé par un clergé de plus en plus diversifié. En Occident, lorsque la hiérarchie ecclésiastique fut définitivement constituée, c'est le cas dès le début du Moyen-Age, on distingue entre les ordres mineurs : portier, lecteur, acolyte (du grec acolouthos : celui qui accompagne), exorciste (du grec exorcizô : faire jurer), celui qui chasse les démons, et les ordres majeurs : sous-diacre, diacre (du grec diaconos : serviteur), prêtre (du grec presbeuteros ; l'ancien, le vieillard), évêque. En Occident, depuis le IVe siècle, le célibat était exigé des clercs majeurs : c'est-à-dire que l'on ne pouvait plus se marier après réception des ordres majeurs, mais l'on pouvait toujours ordonner un homme déjà marié : la plupart des grands évêques du début du Moyen Age furent mariés et pères de famille. Dans ces cas-là, ils cessaient de vivre avec leur femme. Parce qu'il a tiré un sort spécial, tel est le sens de clerus (du grec klèros : sort, tirage au sort), le clerc a des droits et des devoirs qui le distinguent du non-clerc, le laïc (du grec laos : le peuple). Ainsi l'on distingue entre les gens d'Eglise : les clercs, le clergé et les laïcs, l'ensemble des fidèles du peuple chrétien.
Dès l'origine, le Christ avait institué Pierre chef du collège des apôtres. Pierre s'installa à Rome et ses successeurs jouirent d'une primauté sur les autres évêques. Très tôt ils furent les arbitres des conflits qui pouvaient s'élever entre les Eglises d'Occident. Mais en Orient, les évêques d'Antioche, d'Alexandrie, de Jérusalem, à cause de l'antiquité de leur Eglise, avaient un prestige considérable. On prit l'habitude de les appeler patriarches (du grec patriarchès: chef d'une famille) en réservant peu à peu à l'évêque de Rome celui de pape (papa) c'est-à-dire le père. L'élévation de Byzance, rebaptisée Constantinople, au titre de capitale de l'Orient en 330, fit de l'évêque de cette ville un rival direct du pontife romain. Il prit le titre de patriarche oecuménique (du grec oikoumenè gè : la terre habitée, toute la terre), que refusa de reconnaître Rome. Le conflit aboutit au schisme de 1054, qui dura jusqu'à aujourd'hui. Dans les villes importantes, souvent anciennes capitales des provinces romaines, l'évêque prit le nom de métropolitain (metropolitanus : de la ville capitale) ou archevêque et étendit sa juridiction sur les autres évêques de sa province ecclésiastique, appelés suffragants (suffragans, antis: qui vote pour, qui seconde). En fait il n'y eut presque jamais subordination de l'évêque à l'archevêque. Les évêques se réunissaient souvent en assemblées délibérantes. Ces réunions s'appellent conciles (concilium : assemblée). On les dit oecuméniques s'ils rassemblent les évêques du monde entier. Il n'y a pas de critère absolu de l'oecuménicité, en dehors des prescriptions actuelles du code de droit canonique et par conséquent pas de liste offtcielle des conciles oecuméniques. Dans l'Eglise catholique, l'usage et la tradition ont élaboré la liste des vingt conciles qui ont précédé Vatican II. Les Orthodoxes ne reconnaissent pas l'oecuménicité des conciles généraux de l'Eglise catholique au Moyen Age. Les conciles sont dits nationaux, s'ils rassemblent les évêques d'une nation ; provinciaux ou régionaux, s'il s'agit seulement des prélats d'une province, sous la présidence de leur métropolitain. Les règlements ecclésiastiques ou moraux : les canons (du grec kanôn : règle) qui en sont issus ont été rassemblés dans des collections canoniques. Les décrétales pontificales (voir ci-dessous) et les collections canoniques sont à l'origine du droit de l'Eglise, appelé droit canonique ou droit canon.

7. La papauté
Très tôt, les papes répondirent par écrit aux consultations des autres évêques ou des fidèles; on prit l'habitude d'appeler décrétales (decretalia) ces décisions. Ils expédient des lettres, qu'à partir du XIIe siècle on appela bulle (bulla : sceau de plomb circulaire dont ils se servaient pour authentifier leur correspondance). Parfois les papes envoient des représentants permanents ou provisoires que l'on appelle légats (legatus : envoyé). Auprès de l'empereur byzantin, ils entretenaient lorsqu'ils étaient en communion avec l'Eglise grecque un ambassadeur, apocrisiaire (du grec apocrisis: la réponse). L'institution des nonces (nuntius : envoyé), beaucoup plus tardive, n'apparut qu'au XVIe siècle. A Rome le pape même est entouré de clercs qui l'aident dans son travail. Dans l'Antiquité les diacres des régions de la ville furent chargés de la gestion matérielle des biens d'Eglise et des oeuvres charitables. A la fin du premier millénaire nous voyons les clercs cardinaux (cardinalis, de cardo, inis : gond de porte), c'est-à-dire attachés aux églises de Rome, constituer peu à peu un collège particulier auquel participèrent les évêques des évêchés suburbicaires (suburbicarius : du faubourg), c'est-à-dire proches de Rome.
En 1059, les cardinaux-évêques furent chargés de l'élection du souverain pontife. En 1586, Sixte-Quint fixa le nombre des cardinaux à 70 et l'on distingua jusqu'à aujourd'hui trois ordres parmi les cardinaux : les cardinaux-diacres, les cardinaux-prêtres, les cardinaux-évêques. L'ensemble des cardinaux constitue le Sacré Collège, présidé par un doyen. Depuis le pontificat de Jean XXIII, le nombre des cardinaux n'est plus limité et tous sont revêtus de la dignité épiscopale, quel que soit leur titre.

8. Les religieux
Tous ces clercs vivent au milieu du monde (saeculum : le siècle, en langage chrétien), on les appelle communément clercs séculiers. Mais il existe des religieux, retirés du monde, qui vivent sous une règle, ce sont les réguliers (regula : règle). A l'origine c'étaient des laïcs, puis progressivement les clercs l'emportèrent parmi eux. Exclues du service de l'autel, les femmes peuvent se consacrer à Dieu, sous une règle, loin du monde. Le moine (monachus : solitaire) et la moniale constituent donc une catégorie à part de la vie religieuse, attachée à la clôture et à la résidence. En Orient, la vie religieuse commença très tôt sous la forme de l'anachorétisme (du grec anachôrètès : celui qui vit dans la retraite) ou de l'érémitisme (du grec erèmos : solitaire). En Occident, prévalut la forme communautaire de la vie religieuse : le cénobitisme (du grec coinobios : qui vit en communauté, coinobion : la vie commune). Sous la direction de l'abbé (abbas : père), les moines vivent dans un monastère, claustrés, c'est-à-dire enfermés dans la clôture. Il en va de même pour les moniales régies par l'abbesse. Depuis le VIe siècle et avec des réformes successives, la règle de saint Benoît de Nursie a prévalu. D'autres formes de vie religieuse, itinérante et prédicante, apparurent à côté du monachisme bénédictin, les ordres mendiants : dominicains et franciscains, avec leur correspondants féminins.

9. Les laïcs. voir aussi calendrier des fêtes religieuses, et un calendrier agro-liturgique datant de l'époque moderne.
A la frontière entre clercs et moines, les chanoines (canon ici : qui suivent une règle) entourent l'évêque et célèbrent avec lui les offices. La vie des moines est centrée sur la laus Dei, la louange de Dieu, qu'ils célèbrent dans la journée au cours de plusieurs offices que l'on appelle les heures canoniques. L'office divin (opus Dei) alterne dans la règle bénédictine avec l'étude et le travail manuel. L'érémitisme à son tour se développa fortement en Europe occidentale du xe au XIIe siècle. Moines, religieuses, ermites pratiquent l'ascétisme (du grec ascèsis: genre de vie). Ils observent de longues périodes de jeûne (jejunium : privation de nourriture) où ils ne font qu'un repas par jour. Ils respectent l'abstinence (abstinentia: abstention), suppression de toute alimentation carnée et animale, parfois durant toute l'année. Ils mortifient leur corps par le port du cilice (cilicium : grossière chemise de toile râpeuse) et plus tardivement par l'usage de la discipline, sorte de fouet pénitentiel  (Ainsi les Flagellants portèrent en Italie le nom de Disciplinati.).
Longtemps le peuple chrétien, les fidèles, n'eurent qu'un rôle passif : assister aux offices, respecter le dimanche (dies dominica: le jour du Seigneur), obéir aux clercs qui leur distribuaient les sacrements et suivre les lois de la morale chrétienne contenues dans le Décalogue - les dix commandements donnés par Dieu à Moïse - parachevé par la loi d'amour du Christ et les commandements élaborés par l'Eglise. Au Moyen Age le calendrier chrétien a définitivement supplanté la façon païenne de compter les jours. Les grandes fêtes commémorant les épisodes de la vie du Christ : Noël (nativitas : naissance [du Christ]), Epiphanie (du grec Epiphania : manifestation [du Christ au monde]), Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption (assumptio : montée [au ciel de la Vierge, corps et âme]), la fête de tous les saints ou Toussaint alternent avec les fêtes des saints apôtres, martyrs (du grec martures : les témoins), confesseurs (confessor : qui a manifesté publiquement sa foi), pontifes et vierges. Le culte (cultus du verbe colere : cultiver, vénérer) de. saints connaît pendant tout le Moyen Age une faveur extraordinaire. Les fidèles cherchent à se procurer des reliques qui conservent la force thaumaturgique du saint et opèrent des miracles (miraculum : prodige). La vénération (venerari: respecter) des saints est distincte du culte d'adoration que l'on doit à Dieu seul. La Vierge Marie est l'objet en Occident et en Orient du culte le plus répandu.
Chaque petite communauté locale groupée autour de son prêtre, la paroisse (du grec paroikia : séjour en pays étranger) vénère son saint protecteur. Le curé (curatus : celui qui a la charge, cura, des âmes), délégué par l'évêque très souvent sur la proposition du patron (patronus : protecteur) fondateur ou héritier des fondateurs de l'église du lieu, dirige sa paroisse en tenant compte des règlements établis par son évêque, les statuts synodaux (statuta : décisions, synodus du grec sunodos : réunion, assemblée des prêtres autour de leur évêque). Les revenus de la paroisse, considérés de ce fait comme un bénéfice (beneficium : en latin médiéval, charge ecclésiastique avec les revenus y afférant) et les oblations (oblatio : offrande) des fidèles lui assurent le nécessaire.
La paroisse est la cellule élémentaire de la vie du peuple chrétien. L'ensemble des paroisses regroupées dans le diocèse constitue une Eglise dont l'évêque, successeur des apôtres, est le chef. Les Eglises se rassemblent autour de l'Eglise de Rome (caput ecclesiae: tête de l'Eglise), siège du vicaire du Christ. Les hommes du Moyen Age sentaient profondément cette hiérarchie et ces solidarités, qui constituaient les cadres de leur univers spirituel.

10. Les sacrements
L'évêque, que l'on appelle aussi pontife (pontifex : membre d'une confrérie religieuse qui fait les ponts, par extension dignitaire religieux) en souvenir des grands prêtres païens, ou encore prélat (du latin praelatus : celui que l'on porte devant) a sur le territoire du diocèse qui lui est confié un triple pouvoir d'ordre, de juridiction et d'enseignement. Revêtu par son sacre de la plénitude du sacerdoce (sacerdos : prêtre), l'évêque peut seul consacrer un autre évêque, ordonner les prêtres et les autres clercs. Il s'est réservé l'usage d'un autre sacrement (sacramentum : signe sacré) destiné au peuple, la confirmation (confirmare : renforcer). Nous venons donc de rencontrer deux sacrements : l'ordre et la confirmation. Au Moyen Age la doctrine des sacrements s'organisa, sans avoir le caractère rigide qu'elle acquit après le concile de Trente (entre 1545-1563, concile de la "contre-réforme catholique). Par le baptême (du grec baptismos : l'immersion, le baptême) – pratiqué d'abord sur des adultes puis sur des enfants - on entre dans l'Eglise et l'on reçoit la grâce (gratia : faveur, bienveillance) de Dieu. Dans l'Eglise antique, où les baptêmes d'adultes convertis étaient la règle, une instruction religieuse précédait le baptême : le catéchuménat (du grec catéchein : faire retentir aux oreilles, instruire de vive voix). Les catéchumènes étaient baptisés pour Pâques. La pénitence (me paenitet : je me repens) réconcilie le chrétien pécheur avec Dieu. Sa forme a varié depuis l'Antiquité pour prendre au Moyen Age la forme actuelle de la confession (confiteri : avouer) : aveu des fautes suivi de l'absolution (absolvere : remettre) du prêtre. L'eucharistie (du grec Eucharistia, litt. le sacrifice d'action de grâces) est la communion du chrétien au corps et au sang du Christ, sous la forme de pain et de vin consacrés et consommés au cours de la messe, cérémonie principale de la religion catholique. Les futurs époux se donnent mutuellement le sacrement de mariage, en présence du prêtre qui bénit leur union, usage qui se répandit dans l'Eglise d'Occident à partir du IXe siècle. Enfin l'Eglise offre aux malades un sacrement de réconfort décrit par saint Jacques dans la fin de son Epître : l'onction des malades ou extrême-onction (unguere : frotter avec un baume, oindre).

11. La liturgie
Le déroulement du culte chrétien selon une ordonnance réglée par les clercs s'appelle liturgie (du grec leitourgia : fonction publique, service). A l'origine chaque Eglise locale avait sa liturgie. En Occident, la liturgie romaine élimina pratiquement toutes les autres au cours du Moyen Age. Le grec fut la langue liturgique de l'Occident jusqu'au IIIe siècle. Le latin le remplaça jusqu'à nos jours. La messe, répétition du repas que le Christ célébra le soir du Jeudi saint, la cène (cena : repas du soir), et du sacrifice de Jésus sur la croix, constitue dès l'origine la principale cérémonie liturgique de l'Eglise catholique. Elle est composée de prières préparatoires, d'une prédication (sermon, homélie, prône), de la récitation du Credo, de l'offrande des matières à consacrer, du canon (kânon : règle, ensemble des prières entourant la consécration, fixé dès le Ve siècle), de la communion et du renvoi des fidèles : ite missa est : "Allez, c'est le renvoi", d'où le nom de messe tirée de cette formule finale. D'autres cérémonies entourent la célébration de certains sacrements ou de certains actes religieux. Dans ce sens, on parle de la liturgie du baptême, des funérailles ou de la consécration d'une église. Les textes liturgiques sont inscrits dans les livres sacrés : le missel (missale) contient tous ceux de la messe. A l'origine ces livres étaient distincts : évangéliaire pour les évangiles, lectionnaire pour les lectures, antiphonaire pour les hymnes, etc.
Le pontifical renferme les formules concernant le sacre des évêques et les sacrements qu'ils administrent. Pour désigner le déroulement de la cérémonie on parle de rites et le rituel est l'ensemble des rites en usage dans une Eglise. Le même mot désigne souvent le livre où le déroulement des rites est consigné.

12. Les lieux de culte : voir photographie de la basilique sainte sabine à Rome ; plan de l'église
Les cérémonies chrétiennes sont célébrées dans un temple appelé église. La forme la plus courante en Occident dérive de la basilique antique. Dans les villes, le type classique de l'édifice se compose d'une salle assez longue délimitée par une colonnade : la nef (navis : vaisseau) flanquée de deux salles parallèles de part et d'autre, moins élevées, les nefs latérales ; les nefs s'achèvent dans une abside (apsis : arc, hémicycle d'une basilique romaine) semicirculaire. La couverture a été longtemps faite en charpente. La voûte, appareillage de pierres se tenant les unes les autres, apparaît tôt en Occident, mais n'élimina pas partout la charpente. D'Orient vint une autre forme de couverture, la coupole, calotte de maçonnerie semi-sphérique recouvrant un édifice carré ou polygonal. Très souvent les nefs sont recoupées perpendiculairement par une autre salle rectangulaire, le transept (trans-septum : enceinte transversale), ce qui donne à l'église une forme de croix. L'abside des églises est orientée généralement vers l'est, mais pas toujours. L'église de l'évêque s'appelle cathédrale (de cathedra: le siège, la chaire de l'évêque). On a pris l'habitude d'appeler basilique (basilica, du grec basilikè oikia : la demeure royale ; lieu où l'on rendait la justice à Rome et dont le plan a servi de modèle aux premières églises chrétiennes) certaines églises illustres notamment celles où les chrétiens viennent en pèlerinage (peregrinatio : le voyage comme pratique pénitentielle), sur le tombeau des saints. On appelle chapelle un petit édifice religieux, séparé, sans fonction paroissiale ou bien annexé à une église. Chapelle vient de capella, diminutif de capa : chape, manteau rigide porté par l'officiant dans certaines cérémonies, par dérivation capella désigna le lieu où l'on conservait ces ornements.
Dans l'église, l'espace où sont célébrés les mystères (du grec mustèrion) et où se déroulent les offices (officia: devoirs), le sanctuaire (sanctuarium : lieu saint) situé dans l'abside, est séparé de la nef où se tiennent les fidèles, par une barrière appelée chancel au Moyen Age. En avant du sanctuaire les chantres se tiennent dans le choeur (chorus psallentium : groupe des chanteurs, en langue moderne on parle de chorale). La messe est célébrée sur un autel tabulaire de bois ou de pierre renfermant ou recouvrant des reliques (reliquia : ce qui reste), c'est-à-dire les restes d'un corps saint. La matière eucharistique est contenue dans des vases sacrés, le vin dans le calice (calix : coupe), le pain est placé sur la patène (palena: petite assiette). L'usage de garder l'eucharistie pour communier les malades fit constituer une sainte réserve, placée dans une ampoule en forme de colombe pendue au plafond, puis plus tardivement dans un tabernacle fixe (tabernaculum : tente). La liturgie est accompagnée de chants dont les rythmes et la modulation se fixèrent au VIe siècle et que l'on appelle chant grégorien parce qu'on l'attribue, sans certitude, au pape Grégoire le Grand.

13. Les sanctions
A côté du réconfort des sacrements, l'Eglise dispose de sanctions contre les laïcs et les clercs gravement indisciplinés. Le pape ou l'évêque peut les frapper de l'excommunication (ex: privatif et communicatio : communion, rapport avec) qui les écarte des sacrements et dans une forme plus radicale les exclut de tout rapport avec les autres chrétiens. L'évêque peut interdire provisoirement ou définitivement à un clerc insoumis ou coupable la célébration des mystères, c'est la suspense a divinis, ou lui interdire toute activité religieuse. Le prêtre interdit ne perd néanmoins pas son caractère sacerdotal, pour cela il devrait être réduit à l'état laïc par le souverain pontife. Le pape peut jeter l'interdit sur tout un diocèse pour châtier un évêque rebelle ou schismatique. Dès lors le service du culte cesse. De même, l'évêque peut interdire une paroisse. Le pape ou un concile peut déposer un évêque indigne ou intrus (qui s'est emparé illégitimement du siège épiscopal).

Publié dans M1 HISTOIRE

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