Produire en France, les espaces industriels.

Publié le par CRPE

 

Sujet de Géographie : Produire en France, les espaces industriels :

 

Concours de recrutement des professeurs des écoles. Session 2013. Éléments de correction 

Première épreuve d'admissibilité. Seconde partie: Histoire, géographie et instruction civique (8 points)

Les éléments de réponse suivants et leur développement à travers quelques paragraphes argumentés constituent un exemple de présentation possible pour les candidats. Cet exemple n'est pas exclusif. En revanche, les éléments apparaissant en gras relèvent de connaissances ou de concepts indispensables.

 

 En introduction, on peut attendre que le candidat rappelle le poids de l'industrie dans l'économie française : en 2010, la valeur ajoutée de l'industrie représente environ 17% du PIB. Le secteur secondaire emploie 5 millions de personnes (2010), ce qui représente 17% de la population active.

Ces chiffres placent la France au second rang européen, loin cependant derrière l'Allemagne (plus de 30% du PIB et de la population active).

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le paysage industriel français a connu de profondes transformations, induites par l'ouverture des marchés et le poids croissant de la mondialisation dans l'économie. Ces mutations ont favorisé l'émergence d'une nouvelle géographie industrielle.

 

I/ Les régions industrielles traditionnelles, nées de la première et de la deuxième industrialisation.

Si au cours de la proto-industrialisation, de nombreuses régions ont une activité « industrielle » (forges, filatures, tissage ... ), la première industrialisation liée à l'exploitation du charbon et du fer marque une première étape dans la géographie industrielle française. Les industries s'installent en effet dans les régions du Nord et de l'Est de la France, riches en matières premières. On peut alors schématiser la carte de l'industrie en France, coupée en deux par une ligne imaginaire allant du Havre à Marseille. Ces régions industrielles traditionnelles sont encore aujourd'hui des régions où l'industrie joue un rôle important, en particulier dans la population active (de 18,4% à 27,3%). Le système industriel est plus développé dans ces régions que sur le reste du territoire et les industries de ces régions ont un poids important à l'échelle nationale. On y trouve en effet les principales branches de l'industrie française.

On peut distinguer deux sous-ensembles dans cette première catégorie :

• La région Rhône-Alpes et l'Alsace, où les mutations ont été plus progressives et qui ont une industrie très diversifiée, de plus en plus orientées vers les hautes technologies, grâce au développement de technopôles et plus récemment de pôles d'excellence impulsés par l'Etat.

• Le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine, qui ont dû se reconvertir lors de la crise des années 1970 et ont transformé leur appareil industriel. On est passé de l'industrie lourde à l'industrie automobile, la plasturgie, l'industrie chimique et pharmaceutique. Ces deux régions bénéficient de leur situation frontalière et des axes de transport reliant l'Europe du Nord et l'Europe du Sud.

 

II/ le poids des métropoles

Les métropoles contrôlent désormais l'appareil industriel grâce à la concentration des fonctions de commandement, de recherche et de production (dans les branches de la haute technologie notamment). Elles offrent également un bassin d'emploi important et qualifié, grâce aux synergies avec les établissements d'enseignement supérieur. Leur prépondérance est largement liée à l'évolution des branches industrielles : celles à forte valeur ajoutée et / ou de haute technologie s 'y concentrent en raison de leurs besoins en réseaux de recherche et de commercialisation. Ces branches industrielles sont les mieux placées pour s'insérer dans les dynamiques engendrées par la construction européenne et la mondialisation. Elles sont les bénéficiaires des politiques industrielles nationale et européenne, qui favorisent l'innovation et les synergies entre industries et établissement d'enseignement supérieur (pôle de compétitivité, programme Eurêka ... ). Ces métropoles constituent les territoires de l'innovation les plus actifs et qui présentent les masses critiques nécessaires pour affronter la concurrence mondialisée.

Elles offrent en effet les infrastructures indispensables à l'installation des entreprises. Les grands groupes industriels s'implantent largement dans les métropoles, notamment Paris, ce qui permet à l'Ile de France d'être la première région industrielle. Elle concentre en particulier les sièges sociaux des grands groupes et les fonctions de recherche-développement. En revanche, les activités de production proprement dites ont largement été implantées hors de la région ; en bénéficiant des différents mouvements de déconcentration industrielle des années 1960-70. Elle est spécialisée dans les industries de haute technologie (aéronautique, TIC...). Les autres métropoles françaises, Lyon, Marseille et Lille ont des aires d'influence plus limitées, mais peuvent aussi être ouvertes sur l'international (Lyon avec Genève et Milan par exemple).

 

III/ l'Ouest et le Sud de la France, nouvelles régions industrielles.

Ces espaces sont les grands gagnants des mutations industrielles qui se sont dessinées à partir des années 1960-70. Leur industrie repose sur les nouvelles technologies (aéronautique à Toulouse, Bordeaux, Nantes ; télécommunications en Bretagne). Ils offrent un cadre de vie agréable, une main d'oeuvre nombreuse et qualifiée, en particulier dans l'Ouest. Ils bénéficient également d'une desserte de plus en plus performante : avec le TGV, Nantes et Rennes sont à deux heures de Paris, Marseille à trois heures. Ces espaces sont cependant très inégalement industrialisés et présentent de forts contrastes entre des espaces industriels en crise, tels qu'Alès ou la ZIP de Fos sur Mer et des espaces dynamisés par des technopôles comme celui de Montpellier ou de Sophia-Antipolis près de Nice.

 

Pour conclure, on peut dire que les localisations industrielles, autrefois dépendantes des sources de matières premières, tendent aujourd'hui à privilégier les axes de communication, ce qui traduit le poids de la mondialisation sur ces localisations. Elles privilégient également les bassins de main d'oeuvre qualifiée et la présence de pôles universitaires suffisants pour assurer des fonctions de recherche-développement. Ces nouveaux facteurs de localisation expliquent en partie l'émergence de nouvelles régions industrielles en France. 

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Publié dans M2 GEOGRAPHIE

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