Pistes d'exploitation pédagogique (géographie)

Publié le par thierry aprile

Lire un paysage ; lire une carte ; lier géographie et histoire des arts, TICE et ICM.

 

 

Pistes d’exploitation pédagogique dans un sujet de géographie.

Tout dispositif pédagogique nécessite au préalable la définition d’une problématique (une question + une réponse + les moyens d’y parvenir). Donc, l’emploi d’un quelconque document (lecture, analyse, etc…) ne se comprend du point de vue du professeur, qu’en relation avec ce qu’il veut en tirer. Même remarque du point de vue de l’élève : on observe tel ou tel document parce qu’il y a quelque chose à trouver. Cet objectif doit s’intégrer dans la problématique soit pour construire la question, soit pour construire la réponse, soit comme un élément particulier du raisonnement général.

 

1. Lire un paysage

 

Le principe : observer , tirer des éléments, mettre en relation ces éléments avec une problématique.

Une analyse d’un paysage particulier est la plupart du temps destinée à une mise en relation avec un type général de paysage d’après le programme (industrialo-portuaire, rural, urbain, touristique, de services…).

Donc l’analyse d’un paysage s’inscrit dans un raisonnement qui lie le particulier en général. Ce raisonnement peut s’effectuer dans deux sens :

du particulier au général (inductif) : l’analyse de ce paysage particulier doit permettre de construire la définition générale d’un paysage de ce type.

du général au particulier (déductif) : à partir de la définition générale d’un paysage-type, le paysage particulier entre-t-il dans cette catégorie ?

On voit donc que l’évaluation coule nécessairement de source : est-ce que d’autres paysages peuvent entrer ou non dans la catégorie générale ? et pourquoi ?


1/ observer l’image et distinguer des éléments

grille de lecture (explicite / ou implicite ; en tout cas, les élèves savent bien que quand on leur faire observer une image, il y a quelque chose à trouver). Cette grille de lecture doit intégrer des questions concernant :

- la prise de vue qui, toujours, résulte du choix, de l’intention de son auteur (voici pourquoi des images tirées des manuels de géographie sont toujours à privilégier, car vraisemblablement plus riche)

- l’impression générale, concernant la formulation d’hypothèses (où est-on ?), l’observation (rapport végétal (et pas "nature"/ construit), l’opinion portée par l’élève (paysage répulsif / attractif ?)

- principalement, le repérage des activités de la société : habiter (maisons, immeubles…réseaux d’eau, d’électricité, d’énergie…), travailler (agriculture, industrie, « bureaux »…), découper l’espace (clôtures, limites, frontières….), se déplacer (réseaux, modes de transports…), échanger (commerces…), communiquer…

 

2/ faire un croquis ?

travail difficile, car il requiert un maîtrise minimale de la perspective

- détourer des ensembles

- en déduire un autre croquis, soit vu du haut, soit en coupe


3/ à quel type de paysage celui-ci se rattache-t-il ?

dans quelle catégorie le range-t-on ? Pourquoi ?

 

 

2. Lire une carte.

 

Le principe semble simple : il faut mettre en relation l’image et sa légende.

Mais, comme toujours, il faut décomposer l’opération (au moins dans l’étude des premières cartes, ensuite, la mécanique de mise en relation sera mis en place et reproduit).

 

carte de l'urbanisation en France

 

1/ observer l’image et relever des informations.

 

des contours : ligne rouge qui sépare zone en couleur et zone en gris ; des lignes orangé ; lignes blanches

des mots : majuscules bleues, majuscules noires, minuscules

un contraste de couleurs : vert/bleu ; bleu foncé/bleu clair

des cercles de taille différente

 

2/ poser des questions organisées selon un questionnement « standard » (reproductible pour toutes les cartes)

 

quel territoire est représenté sur la carte ?

quels éléments de localisation et de repérage dans l’espace ?

quel problème géographique la carte veut-elle traduire ?

quels moyens graphiques pour le traduire, c’est à dire ici quel sens donné aux traits, formes, couleurs… ?

 

3/ répondre aux questions.

 

d’abord les deux premières questions. Pour cela, on peut faire appel en partie à une forme de mémoire graphique des élèves (reconnaître le territoire français ne doit pas être difficile pour les élèves, sinon, il faut recourir à une autre carte, celle des pays d’Europe pour aider à la localisation), mais cela ne dispense pas d’agir avec méthode :

les frontières (rouge) délimitent la France, les frontières (orange) délimitent des régions, les frontières (blanc) sont celles des départements

les noms en minuscules sont ceux de villes

le nom des pays voisins (majuscules noires), le nom des mers et océans (majuscules bleues), et l’échelle sont les éléments qui permettent localisation et repérage. NB à propos de l’échelle il est nécessaire, à un moment donné de l’utiliser à l’aide d’une règle graduée pour évaluer les distances réelles.

 

Première étape du raisonnement : il s’agit d’une carte représentant les villes de France (les unes sont citées, on peut déduire graphiquement que les autres taches bleues sont aussi des villes, même si leur nom n’est pas mentionné)

 

Répondre aux deux autres questions, et pour cela analyser la légende

 

C/ distinction entre espace rural (vert) et espaces urbains (bleu). En ce qui concerne l’espace à dominante rurale, il est nécessaire d’expliciter qu’il ne s’agit pas d’un désert, mais d’un espace où la population habite dans des villages ; ce qui renvoie à la notion d’espace rural (village + paysage dominé par le végétal (et pas la « nature ») + paysage façonné par une activité dominante agriculture et élevage)

 

A/ distinction à l’intérieur de l’espace urbain. Cette distinction repose sur la nouvelle définition de l’INSEE : pôle urbain, couronne périurbaine, couronne multipolarisée, englobés dans une aire urbaine ; cette distinction est fondée sur la localisation des emplois exercés par ceux qui vivent dans l’aire urbaine. Cette distinction est sans doute trop complexe pour des élèves du cycle III : on peut la simplifier en ne distinguant que deux couleurs : ville-centre (bleu foncé) étalement urbain (bleu plus clair) ; cette simplification est « autorisée » par le terme de « couronne » employé dans la légende.

 

B/ la compréhension précise de l’échelle logarithmique de la taille des cercles est difficile. En revanche, on peut l’utiliser en associant  la surface du cercle et l’importance de la population. Il y a une très grande ville (région parisienne), de très grandes villes (Lille, Lyon, Marseille), des grandes villes (Nantes, Toulouse, Bordeaux, Grenoble…), des petites villes (Valence, Le Mans, Reims….)

 

Seconde étape du raisonnement : le phénomène géographique représenté est l’étalement urbain à partir des villes-centre, soit la péri-urbanisation. On peut donc donner un titre à cette carte : la péri-urbanisation en France.

 

4/ Les enseignements tirés de la carte

ce que la carte permet de dire

la limite entre urbain et rural est difficile à établir

on note une différence entre des régions où la densité urbaine est forte ou très forte, d’autres où les villes sont comme isolées dans un espace rural dominant

la hiérarchie urbaine française est particulière, marquée sur le poids écrasant (écart entre la première et la seconde ville) de Paris

les aires urbaines sont marquées par l’intensité des flux de transport et des trajets domicile/travail

 

ce qu’elle ne permet pas de dire :

des explications liées à la configuration du relief et du réseau hydrographique (il faut mobiliser d’autres cartes pour cela et les superposer à celle-ci)

des explications liées à la configuration du réseau urbain européen (il faut pour cela adjoindre une carte figurant la « dorsale européenne »)

des explications liées à l’histoire du développement des villes en France aux siècles précédents.

 

ce qu’elle appelle : une réflexion approfondie.

Quiconque connaît la région Ile de France, et la proximité géographique entre la ville-centre et d’un paysage qui relève de notre perception de l’espace rural ne peut qu’être étonné des contours donnés sur la carte à l’aire urbaine parisienne.

Les paysages semblent entrer en contradiction avec la carte, en revanche, elle serait cohérente avec une carte figurant les migrations pendulaires (réseaux de transport et surtout flux) à une échelle régionale, ce qui est normal, puisque la légende est construite sur la définition de l’INSEE qui est bâtie sur la localisation des emplois.


3. dimension interdisciplinaire


1/ HISTOIRE DES ARTS

 

L’histoire des arts porte à la connaissance des élèves des œuvres de référence qui appartiennent au patrimoine ou à l’art contemporain ; ces œuvres leur sont présentées en relation avec une époque, une aire géographique (sur la base des repères chronologiques et spatiaux acquis en histoire et en géographie), une forme d’expression (dessin, peinture, sculpture, architecture, arts appliqués, musique, danse, cinéma), et le cas échéant une technique (huile sur toile, gravure...), un artisanat ou une activité créatrice vivante.

L’histoire des arts en relation avec les autres enseignements aide les élèves à se situer parmi les productions artistiques de l’humanité et les différentes cultures considérées dans le temps et dans l’espace. Confrontés à des œuvres diverses, ils découvrent les richesses, la permanence et l’universalité de la création artistique.

En arts visuels comme en éducation musicale, au titre de l’histoire des arts, les élèves bénéficient de rencontres sensibles avec des œuvres qu’ils sont en mesure d’apprécier. Selon la proximité géographique, des monuments, des musées, des ateliers d’art, des spectacles vivants ou des films en salle de cinéma pourront être découverts. Ces sorties éveillent la curiosité des élèves pour les chefs-d’œuvre ou les activités artistiques de leur ville ou de leur région.

L’enseignement d’histoire des arts s’articule sur les six périodes historiques du programme d’histoire ; il prend en compte les six grands domaines artistiques suivants :

- les arts de l’espace : architecture, jardins, urbanisme ;

- les arts du langage : littérature, poésie ;

- les arts du quotidien : objets d’art, mobilier, bijoux ;

- les arts du son : musique, chanson ;

- les arts du spectacle vivant : théâtre, chorégraphie, cirque ;

- les arts visuels : arts plastiques, cinéma, photographie, design, arts numériques.[...]

Le XXème siècle et notre époque

- Architecture : ouvrages d’art et habitat.

- Des récits, nouvelles, récits illustrés, poésies.

- Design graphique (une affiche) ; design de transport (un train).

- Des musiques du XXème siècle (dont jazz, musiques de films, chansons).

- Spectacle de mime, de cirque, de théâtre ; un extrait d’un spectacle de danse moderne ou contemporaine.

- Quelques œuvres illustrant les principaux mouvements picturaux contemporains ; une sculpture ; des œuvres cinématographiques (dont le cinéma muet) et photographiques ; des œuvres cinématographiques illustrant les différentes périodes historiques.

 

Commentaire : la notion de paysage peut être fort bien illustrée par l’histoire des arts. Par exemple, la question du tourisme, de la ville, de la campagne, de l’industrie… est inséparable des représentations artistiques


2/ TECHNIQUES USUELLES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Commentaire : consultation et analyse du site internet de la commune (s’il existe, bien sûr)


3/ INSTRUCTION CIVIQUE ET MORALE

1. [...] les principales règles de politesse et de civilité, les contraintes de la vie collective, les règles de sécurité [...]

[...] les règles élémentaires de sécurité routière

[...] l’interdiction absolue des atteintes à la personne d’autrui.

3. Les règles élémentaires d’organisation de la vie publique et de la démocratie

4. Les traits constitutifs de la nation française : les caractéristiques de son territoire (en relation avec le programme de géographie)

Commentaire : la notion de développement durable est par définition liée au programme d’ICM

Publié dans M1 GEOGRAPHIE

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