Construire une leçon d'Histoire.

Publié le par thierry aprile



Construire une séquence d’histoire au cycle III.


Conformément à une méthode éprouvée, il faut penser à l’envers : partir du temps disponible, des recommandations des programmes et non l'inverse. Tenter de rassembler au préalable des connaissances sur le sujet ne peut que conduire au découragement devant l'impossibilité de tout "faire tenir" en si peu de temps. Le premier souci sur l'ensemble d'une année scolaire est celui de la programmation (quelles leçons à quelle date pour "boucler le programme"), puis celui de la progression (comment en répétant, en variant, en approfondissant les situations d'apprentissage, on peut s'assurer que les élèves ont bien acquis les compétences exigibles en fin de cycle)


1/  Choisir le sujet à traiter en histoire.
Lire le programme + socle commun (+ documents d’application des programmes 2002 pour les parties qui concordent)
L'objectif est de définir
- les objectifs de connaissances à acquérir,
en relevant les dates, les personnages,  les idées que vous devez transmettre.
- les mots de vocabulaire à employer et retenir.


Il peut être nécessaire à ce stade de fortifier ses connaissances sur le sujet, mais pas avant d’avoir « interrogé ses représentations ». Pour se rassurer : lire comment la question est traitée dans les manuels du primaire, et éventuellement du secondaire, voire dans une histoire de France ou une histoire générale, ou dans les documents pédagogiques du genre TDC. Attention 1/ ne pas se noyer dans les détails 2/ obligatoirement revenir à l’étape précédente pour ne pas rester prisonnier/ère du manuel, et complexifier inutilement votre propos.
Utiliser le dictionnaire, de préférence les éditions destinées aux enfants, pour être prêt/e à donner une définition claire des termes que vous allez employer, y compris les plus simples (“ économie ”, “ société ”, “ politique ”, “ monarchie ”, « religion »…), dans le but de se construire un lexique de notions opératoires, c'est à dire qui permettent de construire un raisonnement historique.

2/ croiser le programme d'histoire avec les autres programmes, notamment la géographie, la culture humaniste en général (histoire des arts et littérature de jeunesse), les autres programmes pour enrichir ces contenus (ou pas)

NB. On peut bâtir dès ce moment la partie « connaissances » de l’évaluation finale de la leçon

3/ déterminer l’architecture de la leçon
- cadre général : construire la notion de repérage dans le  temps, dans ses différentes dimensions (durée, répétition, succession, simultanéité, mémoire-souvenir…) n'est pas l'apanage des cycles I ou II. On change d'échelle au cycle III en s'intéressant au temps historique, maisdans la mesure où l'histoire est toujours une interrogation du passé à partir du présent, on retouve ces différentes dimensions du temps, avec une insistance sur la succession grâce à l'outil de la frise chronologique.
- s’aider des entrées dans l’histoire
- sur le modèle d’une problématique : une question, une réponse, et les moyens de construire cette réponse
- s’aider de la description officielle d’une leçon, pour ne pas oublier de tenir compte des pré-acquis et des représentations des élèves

4/ sélectionner quelques documents, images, et textes
- en partant des ressources les plus immédiatement disponibles, par exemple des éditions même anciennes de manuels
- Choisir les documents à utiliser pour que les élèves puissent construire les réponses aux questions posées.

5/ choisir une situation d’apprentissage
- en fonction de ces objectifs, inventer une situation d'apprentissage qui peut être cadrée par exemple par les 4 axes du programme TICE : l'élève doit adopter une attitude responsable (les conditions de réussite de la mise en activité, relevant de la gestion de classe, mais aussi de la logique interne des activités proposées, doivent être réunies) ; créer, produire, traiter exploiter des données (voir analyser des documents) ; s'informer, se documenter ; communiquer, échanger.
- la mise en activité des élèves : l’idée de base est de guider soigneusement les élèves de façon à ce qu’ils puissent eux-mêmes trouver des informations dans le document, et donc leur laisser le temps.

6/  refaire autant de fois que nécessaire les étapes précédentes, en veillant à ce que la logique d’ensemble soit… logique, claire et compréhensible par les élèves, et attractive, employant par exemple la méthodologie d'une enquête.


7/ préparer avec soin une « fiche de préparation » incluant à la fois ce que vous allez dire et faire et surtout ce que les élèves vont faire, les documents, la trace écrite, comme autant d’outils nécessaire au travail de mémorisation par les élèves.
la trace écrite : un “ résumé ” est possible, mais ce n’est que rarement la bonne solution. Mieux vaut que la trace écrite soit construite au fur et à mesure du cours.

Publié dans M2 HISTOIRE

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